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Repères

Laurent Duplomb

6 minutes de lecture

Qui est-il ?

Laurent Duplomb, né le 24 octobre 1971, est sénateur Les Républicains de la Haute-Loire. Agriculteur de profession, il s'installe en 1995 sur l'exploitation laitière de ses beaux-parents à Saint-Paulien, après un brevet de technicien supérieur en productions animales. Il fait carrière dans le syndicalisme agricole affilié à la FNSEA : président des Jeunes Agriculteurs, puis président de la chambre d'agriculture de la Haute-Loire, avec des responsabilités chez le collecteur laitier Sodiaal et au conseil de surveillance de Candia. Maire de Saint-Paulien de 2010 à 2017, il est élu au Sénat le 24 septembre 2017 et réélu le 24 septembre 2023. Au Palais du Luxembourg, il est secrétaire de la commission des affaires économiques et préside le groupe d'études Agriculture, élevage et alimentation. Au sein du groupe LR, il en est devenu la voix sur les questions agricoles.

Ce qui l'amène ici

Laurent Duplomb est l'auteur de la loi qui porte son nom. La loi n° 2025-794 du 11 août 2025, dite « loi Duplomb » et officiellement intitulée « loi visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur », est issue d'une proposition de loi qu'il dépose au Sénat avec le sénateur centriste Franck Menonville. Son article 5 touche directement à l'eau : il crée dans le code de l'environnement des présomptions favorables aux ouvrages de stockage et de prélèvement dans les zones en déficit quantitatif, en posant que ces ouvrages relèvent d'un intérêt général majeur. Cette logique de stockage face à la sécheresse rejoint le débat sur l'accaparement de l'eau et sur ce que serait, à l'inverse, viser la robustesse d'un territoire. Son article 3 allège la procédure applicable aux bâtiments d'élevage soumis à autorisation, en rendant facultative la réponse aux observations du public. Son article 2, qui réintroduisait par dérogation l'acétamipride, un néonicotinoïde interdit en France depuis 2018, a été censuré par le Conseil constitutionnel le 7 août 2025 (décision n° 2025-891 DC). Sur ces substances et leurs effets sur la ressource, voir pesticides.

La loi cristallise une opposition d'une ampleur rare. La pétition lancée par l'étudiante Éléonore Pattery pour son abrogation atteint 2 131 368 signatures à sa clôture le 2 décembre 2025, la deuxième plus signée de l'histoire de la plateforme de l'Assemblée nationale, et débouche sur un débat sans vote à l'Assemblée le 11 février 2026. Un an après, une loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, adoptée définitivement le 21 juillet 2026, ne réintroduit pas directement l'acétamipride mais ouvre à son sujet une procédure de dérogation confiée à l'Anses, sur saisine du ministre de l'agriculture, au bénéfice de filières en difficulté, la noisette au premier chef, un an renouvelable deux fois, les articles concernés étant abrogés à trois ans ; elle prévoit par ailleurs de doubler le stockage d'eau agricole d'ici 2035. Je discute le fond de ces textes et ce qu'ils font à l'eau dans mon essai Un vote pour défaire l'eau.

D'où il parle

Une loi porte la trace de qui l'écrit. Laurent Duplomb parle en agriculteur et en responsable syndical FNSEA, dans une ligne constante de dénonciation de ce qu'il nomme les entraves normatives et la surtransposition des normes européennes. Cette ligne, il l'a théorisée avant de la légiférer : en septembre 2022, il co-signe le rapport d'information sénatorial « Compétitivité : une urgence pour redresser la ferme France » (rapport n° 905, 2021-2022), avec Pierre Louault et Serge Mérillou, qui plaide pour un allègement des contraintes pesant sur la production. La loi de 2025 en est la traduction législative.

Son exploitation situe ce discours. Elle compte environ 130 vaches laitières et 180 hectares, soit plus du double de la moyenne départementale des élevages laitiers, avec du maïs irrigué. Selon une enquête de franceinfo, elle a perçu de l'ordre d'un million d'euros de subventions publiques depuis 2020 et figurait en 2023 parmi le premier pour cent des exploitations les plus aidées de France, ce qui a mis en question l'image de « petit paysan de Haute-Loire » qu'il revendique. Le dire n'est pas un procès. C'est le point de départ à partir duquel je regarde ce que la loi fait à l'eau, et je constate qu'un auteur dont l'exploitation irrigue et bénéficie des dispositifs qu'il légifère parle depuis une position, pas depuis nulle part. Ce qui compte pour l'eau, ce n'est pas l'homme, c'est le texte, et ce texte affaiblit des garde-fous au bénéfice d'un modèle de production, celui que défend la FNSEA.

Sources

  • Sénat, fiche du sénateur Laurent Duplomb (élection le 24 septembre 2017, réélection le 24 septembre 2023, groupe Les Républicains, Haute-Loire, secrétaire de la commission des affaires économiques, président du groupe d'études Agriculture, élevage et alimentation), senat.fr/senateur/duplomb_laurent19507s.html, consulté le 2 août 2026.
  • Wikipédia, « Laurent Duplomb » (date de naissance, installation 1995, BTS productions animales, parcours syndical FNSEA, chambre d'agriculture, maire de Saint-Paulien 2010-2017, taille de l'exploitation), consulté le 2 août 2026.
  • Public Sénat, « Agriculture : qui est le sénateur Laurent Duplomb, à l'origine du texte sur la réintroduction des néonicotinoïdes ? » (portrait, ligne compétitivité et surtransposition, articles pesticides, retenues d'eau, bâtiments d'élevage), publicsenat.fr.
  • franceinfo, « Le sénateur Laurent Duplomb est-il le "petit paysan de Haute-Loire" qu'il affirme être ? » (130 vaches, 180 hectares, moyenne départementale 81 ha, maïs irrigué, environ un million d'euros de subventions depuis 2020, top 1 % des exploitations aidées en 2023), franceinfo.fr.
  • Sénat, « Compétitivité : une urgence pour redresser la ferme France », rapport d'information n° 905 (2021-2022), 28 septembre 2022, Laurent Duplomb, Pierre Louault et Serge Mérillou, senat.fr/rap/r21-905/r21-905.html.
  • Loi n° 2025-794 du 11 août 2025 visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur, JO du 12 août 2025 (Légifrance).
  • Conseil constitutionnel, décision n° 2025-891 DC du 7 août 2025 (censure de l'article 2 sur l'acétamipride et de l'article 8, réserves sur l'article 5).
  • Pétition Éléonore Pattery contre la loi Duplomb, plateforme de l'Assemblée nationale, 2 131 368 signatures au 2 décembre 2025 ; débat sans vote à l'Assemblée le 11 février 2026.
  • Loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, adoptée définitivement au Sénat le 21 juillet 2026 (procédure de dérogation à l'acétamipride confiée à l'Anses pour des filières en difficulté, dont la noisette, doublement du stockage d'eau agricole d'ici 2035).

%%NOTES DE VÉRIFICATION (masquées en lecture)

  1. VOTE NOMINATIF. Duplomb est auteur et voix agricole du groupe LR. Son vote nominatif sur chaque scrutin (adoption Sénat 02/07/2025, texte CMP) n'a pas été recontrôlé une à une. La fiche dit « auteur » sans lui prêter de chiffre de vote (R1). À vérifier sur le scrutin public du Sénat si besoin.

  2. CONFLIT D'INTÉRÊTS. Fait vérifié rapporté (exploitation irriguée, subventions, auteur des dispositifs) sans écrire « conflit d'intérêts », qualification portée par des critiques. Formulé « parle depuis une position ». Retenue assumée.

  3. SUBVENTIONS. « Million d'euros » et « top 1 % en 2023 » = enquête franceinfo (reprise Bon Pote), travail journalistique et non source primaire Telepac/data.gouv non ouverte. Attribué à franceinfo, chiffres arrondis.

  4. RENVOI ESSAI. L'essai « Un vote pour défaire l'eau » n'est pas encore publié : renvoi en clair, sans wikilink, pour ne pas créer de lien mort en Publish. À la publication de l'essai dans 07_La Fabrique/, transformer en wikilink vers son slug définitif.

  5. RAPPORT n° 905 : rapporteurs Duplomb (LR), Louault (UC), Mérillou (PS). Duplomb premier signataire et porteur médiatique. Vérifié sur senat.fr. %%