DEA et DIA
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Les composés DEA (déséthyl-atrazine) et DIA (déisopropyl-atrazine) sont les 2 principaux métabolites de l’atrazine, un herbicide largement utilisé en France jusqu’à son interdiction en 2003 (décision de retrait de 2001). Ils résultent de la dégradation progressive de la molécule mère par désalkylation : le DEA provient du retrait du groupement éthyle (déséthylation), le DIA du retrait du groupement isopropyle (déisopropylation). Ces métabolites se forment dans les sols, les nappes et les eaux de surface, sous l’effet de l’activité microbienne ou de processus abiotiques. Le sigle « MEA » parfois rencontré n’est pas standard : les 2 métabolites désalkylés de l’atrazine se notent universellement DEA et DIA dans la littérature scientifique, et c’est cette notation qui prévaut ici.
Malgré l’interdiction de l’atrazine, DEA et DIA sont encore régulièrement détectés dans l’environnement, notamment dans les eaux souterraines. Leur présence persistante s’explique par :
- leur grande stabilité chimique,
- leur mobilité élevée dans les sols,
- leur faible capacité d’adsorption, facilitant leur migration vers les nappes.
Ces métabolites constituent donc une empreinte chimique durable de l’usage passé des herbicides de la famille des triazines, longtemps après l’interdiction effective de l’atrazine en 2003. Ils sont souvent détectés à des concentrations significatives dans les campagnes de surveillance des eaux brutes ou de l’eau distribuée, en particulier dans les régions à fort passé céréalier ou betteravier, comme le Bassin parisien ou le nord-est de la France.
Sur le plan réglementaire, DEA et DIA ne disposent pas de valeurs limites de qualité (VLQ) clairement définies, mais peuvent faire l’objet de valeurs de référence de qualité (VRQ), ou de valeurs sanitaires indicatives (VSI) en fonction des analyses de risque sanitaire menées par l’ANSES ou l’EFSA. Leur statut est donc non contraignant, ce qui rend leur gestion problématique en cas de détection Valeur Référence de Qualité, Valeurs sanitaires indicatives (VSI).
Leur cas illustre les limites du système d’encadrement des métabolites de pesticides :
- beaucoup sont encore peu ou pas surveillés,
- leur toxicité potentielle est mal connue,
- et leur présence dans l’eau potable n’entraîne pas toujours d’action corrective, faute de seuils clairs Valeur Limite de Qualité (VLQ).
Ce constat appelle à une surveillance exhaustive des métabolites pertinents, à l’application du principe de précaution, et à une réduction progressive de l’usage des pesticides de synthèse, afin de prévenir la formation de ces contaminants secondaires dans le cycle de l’eau.