AMPA
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L’AMPA (acide aminométhylphosphonique) est le principal métabolite du glyphosate, herbicide systémique très utilisé en agriculture conventionnelle. Il est formé par dégradation biologique ou chimique du glyphosate dans l’environnement : principalement par hydrolyse, photolyse ou activité microbienne. Il se retrouve ainsi dans les sols, les eaux de surface, les eaux souterraines, et parfois dans l’eau distribuée.
L’AMPA est très soluble, persistant, et souvent plus mobile que la molécule mère. Sa structure phosphonée lui permet de se lier aux minéraux du sol, mais aussi de migrer rapidement vers les nappes dans les terrains perméables ou lors de fortes pluies. À ce titre, il constitue un marqueur de contamination diffuse et chronique par les résidus de pesticides.
Sur le plan sanitaire, l’ANSES considère l’AMPA comme un métabolite pertinent, c’est-à-dire potentiellement préoccupant pour la santé. Il doit donc être intégré à la surveillance de l'eau potable. Pourtant, il n’est pas couvert par une valeur limite de qualité (VLQ) explicite, comme c’est le cas pour d’autres pesticides. Il est parfois inclus dans la somme des pesticides totaux, dont la VLQ est fixée à 0,5 µg/L, mais cette approche masque sa présence spécifique.
En l’absence de norme contraignante, les autorités sanitaires peuvent se référer à une valeur de référence de qualité (VRQ) indicative, lorsqu’elle existe, ou à une valeur sanitaire indicative (VSI), en attendant une évaluation complète. Ces seuils aident à interpréter les analyses, mais n’impliquent pas d’obligation d’action, à la différence des valeurs limites de qualité.
L’AMPA incarne donc l’un des nombreux angles morts de la réglementation : une molécule omniprésente, persistante, suspectée d’effets sanitaires mais faiblement encadrée. Il révèle les limites de l’approche actuelle par substance individuelle, la lenteur d’adaptation des grilles de surveillance, et le décalage entre la science et le droit.