Non-stationnarité
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Un phénomène est dit stationnaire quand ses propriétés statistiques, sa moyenne, sa variance, la fréquence de ses valeurs extrêmes, restent stables dans le temps : une pluie décennale calculée sur les cinquante dernières années demeure une pluie décennale pour les cinquante prochaines. La non-stationnarité désigne la situation inverse, où ces propriétés dérivent au fil du temps. C'est ce que le changement climatique impose aux pluies : les statistiques établies sur les séries passées décrivent un climat qui n'existe déjà plus, et les périodes de retour calculées à partir d'elles sous-estiment l'aléa à venir.
Voir aussi ruissellement · gestion à la source · changement climatique · risque inondation
La non-stationnarité fragilise tout dimensionnement fondé sur l'idée que le passé renseigne l'avenir : coefficients de ruissellement, courbes intensité-durée-fréquence, débits de projet. Sur le pourtour méditerranéen français, les épisodes dépassant deux cents millimètres en vingt-quatre heures sont aujourd'hui deux fois plus nombreux que dans les années soixante, illustration concrète d'une pluviométrie qui ne se répète plus à l'identique.
Notion statistique appliquée à l'hydrologie du changement climatique. Voir Météo-France sur l'impact du changement climatique sur les épisodes méditerranéens (2024).