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Dossier

Pour entrer dans les explorations sur les écorégions

Publié le 25 juillet 2026 · 3 minutes de lecture

Ces explorations viennent en second. Leur point de départ n'est pas une carte, c'est une proposition politique que j'ai posée ailleurs, décider ensemble de l'eau : une architecture d'assemblées emboîtées, de l'Assemblée Locale de l'Eau à l'Agence du Cycle de l'Eau, où la légitimité remonte du terrain. Cette échelle de gouvernance se défend sans aucune carte, et c'est là qu'il faut commencer si l'on veut la comprendre. Ce dossier-ci part d'elle et pose une question dérivée, née de l'actualité sur les écorégions : et si l'on partait de cette échelle de l'eau pour dessiner des écorégions, est-ce que ça pourrait correspondre ?

C'est un essai dans l'essai, au sens plein du mot : je propose, j'éprouve, je ne prouve rien. La gêne de départ est simple. La France est découpée en régions, en départements, en bassins. Ces contours répartissent l'argent, les compétences, les responsabilités, et aucun ne suit l'eau. Un fleuve traverse des frontières qui l'ignorent. Une nappe s'étend sous des départements qui ne se parlent pas. Une pollution descend un cours d'eau que personne ne tient d'un bout à l'autre. L'échelle de l'eau tient d'abord pour décider ; reste à savoir à quelle échelle géographique la faire vivre, et si cette échelle peut aussi se lire comme une géographie des milieux.

Pour la gouvernance, j'ai découpé le territoire en 187 secteurs qui portent les assemblées locales, agrégés en assemblées de bassin de rivière, puis en une vingtaine de circonscriptions pour l'agence du cycle de l'eau. L'exploration cartographique est venue après, en aval : reprendre ce découpage tracé pour l'institution et le relire à travers l'eau et les milieux. Ce tracé dessine 23 circonscriptions, qui se lisent aussi comme 23 écorégions, faute de meilleur mot pour cette lecture écologique. C'est un scénario d'échelle parmi d'autres, à côté du regroupement des départements ou des aires d'attraction des villes. J'ai comparé ce découpage aux hydro-écorégions existantes, éprouvé le résultat, et cherché ses angles morts.

Comme la cartographie vient après la théorie, pour la nourrir, elle réserve des surprises. Il a fallu traiter Paris et l'Île-de-France à part. La question se pose de savoir combien d'assemblées de coopération un territoire appelle vraiment. Et surtout, une échelle faite par l'eau et pour l'eau vaut-elle pour la forêt, le climat, le modèle agro-industriel ? Peut-être que l'entrée par l'eau n'est pas la bonne. Mais alors laquelle ? L'essai garde la question ouverte.

L'essai avance en 5 temps, à lire dans l'ordre ou non. Le mot d'abord, biorégion ou écorégion, dans le choix d'un mot. L'utilité ensuite, dans une échelle pour la robustesse et pour le commun. Le déjà-là ensuite : je ne dessine pas sur une page blanche, je réordonne ce que l'eau et l'administration ont déjà tracé, à commencer par le bassin versant, dans partir du déjà-là de l'eau. Les angles morts ensuite : ce qu'une entrée par l'eau laisse de côté, les nappes profondes, les solidarités qui ne suivent pas les rivières, dans les angles morts d'un découpage de l'eau. La rencontre avec l'institution enfin, l'Agence du Cycle de l'Eau refondée, dans l'écorégion et l'Agence, une piste ouverte.

Où aller ensuite La proposition qui tient sans carte : Comment décider ensemble de l'eau ?. Le fil complet de l'essai : Les écorégions.