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Décider de l'eau

Méthodologie : construction des assemblées, et l'hypothèse écorégion

36 minutes de lecture

L'organisation de l'eau en France repose, depuis la loi du 16 décembre 1964, sur sept grandes circonscriptions de bassin (les six agences de l'eau plus la Corse) dont les limites ont été figées il y a soixante ans (le détail de ce cadre est rassemblé dans Circonscriptions de bassin et dans le glossaire des agences de l'eau). Ces bassins présentent deux défauts qui s'accumulent avec le temps. La disproportion démographique d'abord : la population oscillait en 2026 entre 355 486 habitants pour la Corse et 18 988 551 pour Seine-Normandie, soit un rapport de 1 à 53,4 (source : table bassins_agences, champ pop, ADMIN EXPRESS COG CARTO 2026). L'inadaptation à la physique du territoire ensuite : des zones à comportement hydrologique, climatique et géologique homogène se trouvent réparties entre plusieurs bassins, rendant difficile toute gestion différenciée du type de milieu.

Ce document est une pièce de traçabilité. Il consigne le raisonnement, les données, les requêtes et les arbitrages, dans leur ordre réel de construction. Cet ordre importe et il est souvent inversé par erreur. Le chantier a d'abord bâti une architecture d'assemblées : 187 secteurs hydrographiques comme assemblées locales de l'eau, agrégés vers des paliers de bassin, puis vers une vingtaine de circonscriptions pour l'agence refondée. L'écorégion n'est venue qu'ensuite, comme un second temps théorique : et si ce même découpage était regroupé, non plus seulement pour délibérer, mais pour lire le territoire à travers l'eau et les milieux, en unités écologiquement cohérentes ? Ce document suit donc la construction des assemblées d'abord, puis l'hypothèse écorégion posée sur ce grain. Le résultat y est énoncé sans détour, ce qui distingue cette page des fiches publiques de La Fabrique, où la méthode se déroule étape par étape sans annoncer sa conclusion. Les points où le choix appartient à l'auteur et ne se déduit pas des artefacts sont signalés comme tels dans le fil. Les chiffres sont extraits du geopackage maître en lecture seule (18 juillet 2026) ; les valeurs issues des tables assemblees, ecoregions_fin et bassins_agences sont indiquées avec leur source.

La question posée ici n'est pas de dessiner une carte exhaustivement optimisée, mais d'identifier une architecture d'assemblées délibératives calées sur des unités hydrographiquement cohérentes, plus équilibrées en population qu'aujourd'hui, et agrégeables dans une échelle large de pilotage des ressources. Ce faisant, le chantier ne substitue pas de nouvelles frontières à d'anciennes : l'eau souterraine traverse toute limite, et les nappes partagées exigent une coordination entre unités adjacentes. L'échelle est un cadre de gestion, jamais une clôture.

La logique physique retenue est celle du bassin versant : l'eau descend, et toute décision prise en amont se répercute en aval. Le bassin versant est le seul territoire où la chaîne de cause à effet de l'eau est continue, comme le développe la fiche Le bassin versant, unité naturelle de l'eau. Cette continuité appelle à réunir dans une même enceinte délibérative celles et ceux que l'eau relie, quelle que soit la limite administrative qui les sépare. Il n'existe qu'un seul cycle de l'eau ; les distinctions parfois posées entre « grand cycle » et « petit cycle » sont des conventions de gestion, non des découpages physiques : ce qui est prélevé et rejeté en un point du bassin agit sur tout le reste du bassin. Cette logique fonde l'arc institutionnel exploré dans l'essai, où l'assemblée locale de l'eau se dessine sur le secteur hydrographique (voir Confier la loi sur l'eau à l'échelon local).

Hypothèses de travail

Les hypothèses suivantes ont guidé le découpage. Elles sont explicites et n'ont pas toutes été testées de façon exhaustive.

  1. La brique élémentaire retenue est le secteur hydrographique BD Carthage (187 unités), qui représente un niveau de finesse adapté à la gestion du bassin versant au sens physique, ni trop grossier (agences actuelles) ni trop fragmenté (sous-secteurs, 1 140 unités). Le grain à 1 140 sous-secteurs a d'abord été écarté pour une raison simple, avant même toute mesure : un maillage de 1 140 assemblées de bassin versant paraît excessif au regard de ce qu'une enceinte délibérative peut porter. Ce n'est pas un seuil de surface ni un critère chiffré, mais un jugement pratique sur le nombre d'organes viables. Ce grain n'est pas un absolu pour autant : une carte à curseur peut faire varier la finesse depuis les 187 secteurs hydrographiques jusqu'aux zones hydrographiques de la BD Carthage, le grain le plus fin, chaque position offrant un compromis différent entre proximité et gouvernabilité. Ce curseur joue à l'intérieur d'un seul et même niveau, celui de l'assemblée locale ; il ne se confond pas avec la montée de l'assemblée locale vers l'assemblée de bassin puis l'agence, qui relève de fonctions distinctes, décider, coordonner, outiller, et non d'un simple réglage de finesse.

  2. Chaque unité, assemblée puis regroupement, forme un ensemble contigu (pas de taches isolées de moins de 1 000 km²) calé sur des limites de bassin versant, jamais sur des limites administratives. Les îles et enclaves de faible surface sont rattachées à l'unité la plus proche par contact spatial.

  3. L'objectif démographique n'est pas l'égalité, mais la réduction de la disproportion. Le ratio max/min peut rester élevé (il est de ×38,5, soit de l'ordre de 1 à 37, au palier des 23 regroupements, contre ×53 pour les circonscriptions actuelles), l'essentiel étant d'éviter la domination d'une unité sur toutes les autres.

  4. L'homogénéité du milieu (hydro-écorégions INRAE, type de climat Köppen) est un critère de vérification, non un critère de construction. Le regroupement suit les bassins versants, et la cohérence écologique n'est examinée qu'a posteriori, lorsque vient le second temps de l'hypothèse écorégion.

  5. Le système est emboîté : chaque assemblée appartient en entier à un et un seul regroupement de niveau supérieur. Ce principe d'emboîtement strict conditionne la cohérence à deux niveaux, que ces regroupements servent de circonscriptions de gestion ou qu'elles soient lues ensuite comme des écorégions.

Matériel et données

Données sources

Le détail de chaque source, sa provenance et sa licence sont rassemblés dans la fiche Données mobilisées de l'Atelier. Le tableau ci-dessous en donne la vue synthétique.

Source Couche ou fichier Producteur Millésime Licence Entités
BD Carthage (Sandre) [GE17] regions_hydro, secteurs_hydro, sous_secteurs Sandre 2017 BD Carthage 24 / 187 / 1140
BD TOPAGE (IGN-OFB) [GE07] bassin_hydro_topage, bv_topo, cours_eau, cours_eau_principaux IGN-OFB-Sandre 2024 Licence Ouverte 7 / 6190 / 142 403 / 496
ADMIN EXPRESS COG CARTO [GE30] communes, départements, cantons IGN 2026 Licence Ouverte ...
Hydro-écorégions [EC02] her1, her2 INRAE-OFB / Sandre 2002 Licence Ouverte 22 / 114
Masses d'eau souterraines DCE [GE18] meso Sandre-BRGM 2022 Licence Ouverte 639
Köppen-Geiger (Beck et al. 2023) [EC01] climat_koppen ESA-Copernicus / Beck 2023 1991-2020 Licence Ouverte ...
Copernicus GLO-90 (MNT) [CL06] relief et pente ESA-Copernicus 2019-2022 Licence Ouverte (raster)
WorldClim 2.1 [EC03] précipitations moyennes WorldClim 1970-2000 Licence Ouverte (raster)
Bassins agences de l'eau bassins_agences, bassins_agences_pop Sandre 2023 Usage libre 7
AAV 2020 aav_villes INSEE 2020 Licence Ouverte 682
Bassins de vie 2022 bassins_vie INSEE 2022 Licence Ouverte 1681
FiLoSoFi 2023 (revenus, pauvreté) profil économique INSEE 2022-2023 Licence Ouverte (commune)
RP 2022 (chômage) profil économique INSEE 2022 Licence Ouverte (commune)
HISTOLITT (trait de côte) littoral SHOM-IGN 2021 Licence Ouverte 23 823
Façades maritimes facades_maritimes DGAMPA-Sandre 2022 Usage libre 4

Toutes les données sont intégrées dans le geopackage maître (fichier de travail, Lambert-93 / EPSG:2154). Les populations sont issues d'ADMIN EXPRESS COG CARTO 2026, attribuées aux communes par leur point représentatif.

Couches dérivées (chantier)

Les couches suivantes sont produites par le chantier et n'existent pas dans les sources amont :

  • ecoregions_fin (23 unités) : les 23 écorégions finales, nommées par l'hydronyme dominant.
  • assemblees_bv (1 140 unités) : les sous-secteurs hydrographiques BD Carthage enrichis de la population, brique source.
  • assemblees_bv_v2 (346 unités, ANCIENNE) : agrégat logique par seuil de population (plancher 40 000 hab.), conservé pour traçabilité mais non retenu comme couche canonique.
  • assemblees (187 unités, CANONIQUE) : assemblées nommées par cours d'eau dominant, emboîtées dans les écorégions, construites depuis les secteurs hydrographiques BD Carthage.
  • ecoregions_profil_relief_climat, ecoregions_profil_socio_eco, ecoregions_profil_economique : profils des 23 écorégions calculés depuis les sources ci-dessus.
  • departements_affectation, meso_diagnostic : couches de diagnostic (départements coupés par le tracé, nappes à cheval sur plusieurs écorégions).
  • Scénarios alternatifs : scenario2_departements (14 unités calées sur les départements), scenario2_ecoregions (14 unités hydrologiques), scenario3_ecoregions (10 macro-unités), scenario_dept_8/10/12/15 (agrégats de départements entiers).
  • catalogue_couches : table de documentation des sources, remplie manuellement.

Construction des assemblées locales de l'eau

Le point de départ du chantier n'est pas une carte de grandes unités, mais l'assemblée locale : l'échelon où les habitantes et les habitants délibèrent sur les usages de l'eau qui les relie. C'est cette brique délibérante qui est construite en premier, à partir du grain physique du bassin versant. Les regroupements de niveau supérieur, jusqu'à l'hypothèse écorégion abordée ensuite, viennent au-dessus, par agrégation.

Brique source des assemblées

Les 1 140 sous-secteurs hydrographiques BD Carthage (couche assemblees_bv) constituent la brique élémentaire. Chaque sous-secteur porte un code à trois caractères (CdSousSect) héritant de la hiérarchie régions/secteurs. La population est calculée par jointure spatiale des points représentatifs de communes (ADMIN EXPRESS 2026) sur les polygones (prédicat within).

Couche canonique : 187 assemblées nommées

La couche assemblees (187 entités, créée le 18 juillet 2026) est la couche canonique. Elle diffère des couches intermédiaires par plusieurs caractéristiques :

  • Elle est nommée : chaque assemblée porte un nom du type « Assemblée de l'Adour », « Assemblée du Gave de Pau », etc., dérivé du cours d'eau principal.
  • Elle contient deux champs de population : pop (population par point représentatif de commune) et pop_com (identique dans la base actuelle).
  • Elle porte le champ eco qui rattache chaque assemblée au regroupement de niveau supérieur (l'écorégion, une fois ce second niveau posé).
  • Elle compte 187 entités, une par secteur hydrographique BD Carthage : chaque secteur constitue une assemblée locale de l'eau.

La règle de construction est établie et confirmée : les 187 assemblées résultent de la dissolution des 1 140 sous-secteurs BD Carthage par leur secteur hydrographique parent (CdSecteurH). La couche canonique est une construction autonome depuis la brique sous-secteur, indépendante de tout regroupement supérieur. C'est ce socle de 187 unités qui sert ensuite d'entrée à l'agrégation, jusqu'à l'hypothèse écorégion.

Les deux secteurs limites Z5 (« Îles Marines ») et Y6 (« Côtiers du Var »), dont les sous-secteurs se répartissent entre deux régions voisines, sont rattachés en entier à leur unité majoritaire (Y6 vers Var et Argens, qui en concentre l'essentiel des sous-secteurs), sans scinder l'assemblée.

La disproportion de population entre assemblées est forte, de quelques milliers d'habitants à plusieurs millions pour l'assemblée qui couvre l'agglomération parisienne. Cela appelle à distinguer la fonction de l'assemblée (délibérer sur les usages locaux de l'eau) de sa taille, et à prévoir des règles de composition différenciées selon la population. Le cas de l'assemblée qui couvre Paris et sa région relève d'une étude spécifique, où une subdivision infra-assemblée plus fine que le district reste à instruire.

L'hypothèse écorégion : regrouper les assemblées par cohérence des milieux

Une fois les 187 assemblées locales de l'eau établies sur les secteurs hydrographiques, une question théorique se pose. Ce même socle peut-il servir à autre chose qu'à délibérer ? Si ces assemblées étaient regroupées, non plus seulement pour agréger l'amont et l'aval d'un bassin de gestion, mais pour lire le territoire à travers l'eau et les milieux, obtiendrait-on des unités écologiquement cohérentes ? C'est le sens de l'hypothèse écorégion : un second temps, posé sur le grain déjà construit, qui explore ce que donnerait une partition de la France en unités homogènes quant à l'eau. Ce qui suit décrit ce regroupement et le résultat qu'il produit. L'écorégion reste un point d'entrée parmi d'autres pour penser l'échelle des grandes circonscriptions (d'autres scénarios sont examinés plus bas) ; elle ne se confond ni avec l'assemblée locale, ni avec l'architecture institutionnelle qui la précède.

Brique élémentaire du regroupement

Le regroupement part des 187 secteurs hydrographiques BD Carthage (couche secteurs_hydro), ceux-là mêmes qui portent les assemblées locales de l'eau. Ces secteurs sont le deuxième niveau de la hiérarchie hydrographique française après les 24 régions hydrographiques (codes A à Z). Chaque secteur porte un code à deux caractères (CdSecteurH) et appartient à une région hydrographique (CdRegionHy).

Règle de regroupement

Une fonction de regroupement (grp()) affecte chaque secteur à une écorégion nommée, selon une logique purement hydrographique fondée sur le code secteur et le code région. Voici les règles telles qu'elles figurent dans scripts/scenario_fin.py :

def grp(cd, reg):
    if cd in {'F0', 'F1', 'F2', 'F3', 'F4'}: return 'Seine amont-Bourgogne'
    if cd in {'F5', 'F6'}: return 'Marne'
    if cd == 'F7': return 'Paris-Seine centrale'
    if cd in {'H0', 'H1', 'H2'}: return 'Oise'
    if reg in {'H', 'I', 'G'}: return 'Normandie'
    if cd in {'Y0', 'Y1', 'Y2', 'Y3'}: return 'Languedoc-Roussillon'
    if cd == 'Y4': return 'Provence-Camargue'
    if cd in {'Y7', 'Y8', 'Y9'}: return 'Corse'
    if reg == 'Y': return 'Cote d Azur'
    if reg == 'V': return 'Rhone'
    if reg in {'W', 'X'}: return 'Alpes du Sud'
    if cd in {'A0', 'A1', 'A2', 'A3'}: return 'Alsace'
    if reg in {'A', 'B'}: return 'Moselle-Meuse'
    if reg == 'U': return 'Saone'
    if reg == 'O': return 'Garonne'
    if reg == 'P': return 'Dordogne'
    if reg == 'Q': return 'Adour'
    if reg in {'R', 'S', 'Z'}: return 'Charente-Aunis'
    if reg in {'E', 'D'}: return 'Nord'
    if reg == 'K': return 'Loire amont'
    if reg in {'L', 'M'}: return 'Loire aval'
    if reg == 'J': return 'Bretagne'
    if reg == 'N': return 'Vendee-Marais poitevin'
    return 'AUTRE_' + str(reg)

Cette fonction est déterministe et exhaustive : une assertion lève une erreur si un secteur n'est pas affecté (assert not sect['eco'].str.startswith('AUTRE').any()). Les secteurs ainsi regroupés sont dissous géométriquement par le nom d'écorégion.

Le détail des affectations secteur par secteur relève, pour une part, du geste cartographique plus que d'un critère unique et formalisé. Aucun seuil chiffré ne commande, par exemple, que les secteurs F0 à F4 forment une écorégion « Seine amont-Bourgogne » distincte de la Marne (F5-F6) : le tracé procède d'une lecture progressive de la carte, la logique de tête de bassin et la cohérence des amonts guidant la main sans qu'une règle explicite les ait imposées. La justification se reconstruit donc a posteriori. Là où un choix se laisse rattacher à un motif clair, il est mentionné comme tel ; là où il tient à un jugement de tracé, cela est dit sans le maquiller en critère objectif.

Deux motifs, en revanche, se reconstruisent nettement. La suppression des « appendices », ces langues de territoire qu'une écorégion projetait dans une autre, obéit à la garantie de contiguïté décrite plus bas : une unité de gestion doit se tenir d'un seul tenant. Et l'individualisation d'un ensemble méditerranéen, autour du Bas-Rhône et de l'arc côtier, répond à une spécificité climatique. Cet arc relève du type Csa (méditerranéen) là où l'immense majorité du territoire est en Cfb (tempéré océanique) ; séparer ce régime des bassins tempérés qui l'entourent donne une unité de gestion homogène quant à l'étiage, à la sécheresse et au régime des pluies. Ce motif climatique reste discutable au regard du principe qui veut que le découpage suive d'abord l'eau et vérifie le climat ensuite, et il est assumé comme tel plutôt que présenté comme une déduction.

Une manière de présenter cette démarche dans l'essai serait de partir d'un premier tracé strict, purement hydrographique, puis de l'amender par étapes au fil des comparants, des données complémentaires et des réflexions successives, en décrivant le cheminement dans son ordre réel plutôt qu'en exhibant un résultat déjà refermé.

Garantie de contiguïté

Après dissolution, les polygones résultants sont décomposés en parties élémentaires. Les parties dont la surface est supérieure à 1 000 km² sont considérées comme des « noyaux » ; les parties plus petites sont rattachées par sjoin_nearest au noyau le plus proche. Les noyaux multiples d'une même écorégion (cas possible pour des écorégions dont deux tronçons sont physiquement séparés) reçoivent un suffixe directionnel (ouest, centre, est). Cette garantie assure que chaque unité cartographique est géographiquement continue.

Retouches post-dissolution

Deux corrections ont été apportées après la dissolution initiale, documentées dans scripts/retouche_decoupage.py :

  • Réaffectation du secteur V7 (« Le Rhône de la Durance à la mer Méditerranée », soit le Rhône aval, le delta et la Camargue) : il était initialement rattaché à « Rhône », mais forme une langue prise entre « Bas-Rhône-Provence » (secteur Y4) et « Aude et Orb » (secteur Y3). V7 partage 72 km de frontière avec Y4 ; sa réaffectation à « Bas-Rhône-Provence » préserve la contiguïté de cette unité et l'intègre au bassin versant côtier méditerranéen qu'elle draine.

  • Renommages : quatre unités dont les noms initiaux contenaient « côtiers » ont été renommées par l'hydronyme dominant : « Aude-Orb-côtiers » devient « Aude et Orb », « Var et côtiers d'Azur » devient « Var et Argens », « Sèvre et côtiers vendéens » devient « Sèvre et Lay », et « Côtiers aunisiens » devient « Leyre et Landes de Gascogne » (cette dernière correction corrigeant aussi un rattachement toponymique inexact : les secteurs S1-S4 correspondent à la côte landaise-girondine, pas à l'Aunis charentais).

Ces deux corrections, réaffectation de V7 et renommages, sont l'état retenu du découpage. Cette page ne documente que ce qui a finalement été fait, non les essais et erreurs écartés en chemin : les ajustements peuvent être décrits au fur et à mesure, mais seule la version finale fait foi. Le travail de mise au propre encore à mener sur le geopackage suit la même exigence : commenter et renommer l'ensemble des scripts et des couches, et retirer les numéros de version des noms de scripts, de couches et de leurs sous-éléments, pour qu'un état unique et daté fasse référence.

Attribution de la population

La population de chaque écorégion est calculée par jointure spatiale entre les points représentatifs des communes (ADMIN EXPRESS 2026, champ population) et les polygones des écorégions (prédicat within). Les communes non situées dans l'hexagone ou en Corse (DROM) ne tombent dans aucune des 23 écorégions et ne sont pas comptées : cet écart est assumé.

Résultat : les 23 écorégions

La colonne Köppen du tableau ci-dessous décrit le climat actuel et s'appuie sur Beck et al. 2023 (normes 1991-2020). La projection future du climat relève, elle, de Strohmenger et al. 2024 et n'est pas portée par ce tableau (elle sert au contraire à discuter, plus bas, le risque d'obsolescence d'un découpage calé sur le climat).

Écorégion Population (ADMIN EXPRESS 2026) Superficie (km²) Densité (hab/km²) HER-1 dominante Köppen dominant
Adour 1 203 267 17 653 68 COTEAUX AQUITAINS Cfb
Aude et Orb 2 433 845 18 080 135 MEDITERRANEEN Csa
Bas-Rhône-Provence 2 891 986 8 373 345 MEDITERRANEEN Csa
Basse-Seine 3 425 846 28 985 118 TABLES CALCAIRES Cfb
Bassins bretons 3 697 563 29 956 123 ARMORICAIN Cfb
Charente 815 705 11 976 68 TABLES CALCAIRES Cfb
Corse 355 486 8 755 41 CORSE Csa
Dordogne 1 130 654 23 926 47 CAUSSES AQUITAINS Cfb
Escaut-Sambre 4 762 951 19 896 239 TABLES CALCAIRES Cfb
Garonne 4 455 505 56 194 79 COTEAUX AQUITAINS Cfb
Haute-Seine et Yonne 821 361 21 089 39 TABLES CALCAIRES Cfb
Isère-Durance 1 616 199 26 409 61 ALPES INTERNES Cfb
Leyre et Landes de Gascogne 427 936 7 901 54 LANDES Cfb
Loire amont 4 037 211 59 979 67 TABLES CALCAIRES Cfb
Loire aval 4 587 481 57 903 79 TABLES CALCAIRES Cfb
Moselle-Meuse 2 445 010 23 199 105 COTES CALCAIRES EST Cfb
Oise et Marne 1 051 845 18 439 57 TABLES CALCAIRES Cfb
Rhin supérieur 1 924 762 8 197 235 ALSACE Cfb
Rhône 4 537 074 31 110 146 JURA-PREALPES DU NORD Cfb
Saône 3 181 108 29 392 108 COTES CALCAIRES EST Cfb
Seine centrale 13 689 902 26 129 524 TABLES CALCAIRES Cfb
Sèvre et Lay 1 052 652 8 843 119 ARMORICAIN Cfb
Var et Argens 1 616 882 8 312 195 MEDITERRANEEN Csa

Population totale : 66 161 828 habitants, soit 66,16 millions (France hexagonale + Corse, hors DROM ; source : table ecoregions_fin, champ pop, somme des 23 écorégions). Ratio max/min : ×38,5 (Seine centrale élargie 13 689 902 hab. / Corse 355 486 hab.), soit un rapport de l'ordre de 1 à 37. À titre de comparaison, les sept circonscriptions de bassin actuelles (six agences plus la Corse) présentent un ratio de ×53 (Seine-Normandie 18 988 551 hab. / Corse 355 486 hab. ; source : table bassins_agences). Les écorégions réduisent donc cet écart, bien que la Seine centrale élargie (26 129 km², 524 hab./km², l'agglomération parisienne et sa couronne) reste, par la masse même de sa population, la plus déséquilibrée des unités par rapport aux périphériques. Ce cas limite est documenté et assumé.

Le tableau ci-dessus retient l'écorégion Seine centrale élargie (13 689 902 hab, 26 129 km², 523,9 hab/km²), qui absorbe la couronne parisienne. Ce passage d'une Seine centrale restreinte (secteur F7 seul, 6 745 942 hab, 1 105 km²) à la Seine centrale élargie redistribue population et surface au sein du bassin de la Seine, et fait apparaître trois écorégions voisines aux masses très réduites : la Basse-Seine (3 425 846 hab, 28 985 km², 118,2 hab/km², densité de drainage 0,962 km/km²), Oise et Marne (1 051 845 hab, 18 439 km², 57,1 hab/km², densité de drainage 0,680 km/km²) et Haute-Seine et Yonne (821 361 hab, 21 089 km², 39,0 hab/km², densité de drainage 0,650 km/km²). La population totale (66 161 828 hab) est inchangée : la redistribution est interne au bassin de la Seine.

La Seine centrale fait figure d'exception qui appelle un traitement à part. Plutôt que de la caler sur le seul secteur hydrographique, une piste consiste à retenir les départements d'Île-de-France : la surface s'en trouve élargie sans que la population croisse beaucoup, ce qui atténue la densité extrême sans changer la masse démographique du problème. Le cas de Paris et de sa région mérite un développement dédié, avec un zoom cartographique propre. Concrètement, cela se décline sur les trois supports du chantier : sur le web, une carte dynamique dédiée ; dans le geopackage maître, des couches virtuelles et une étude spécifique ; dans le projet QGIS, un groupe de couches à part. Cette piste est ouverte dans la fiche Le cas de l'Île-de-France et son volet calcul Le cas de l'Île-de-France, objectivation et calcul.

La densité de drainage (linéaire de cours d'eau BD TOPAGE rapporté à la surface) illustre, elle aussi, pourquoi un découpage calé sur l'eau produit des résultats différents d'un découpage calé sur la population ou le territoire administratif. La Seine centrale, très dense en population mais pauvre en réseau, descend à 0,572 km/km² (tronçon urbain court et chenalisé sur un socle crayeux infiltrant). La distribution étalée de la densité de drainage entre unités appuie le raisonnement qui justifie de distinguer des entités hydrologiquement homogènes plutôt que d'agréger des territoires aux régimes très contrastés dans un même bassin de gestion. Cette réalité physique ne correspond à aucun découpage administratif préexistant. Pour des statistiques comparatives détaillées avec les autres maillages (régions hydrographiques, agences), voir la note Statistiques comparatives des zonages.

Les densités de drainage par écorégion, calculées sur le réseau BD TOPAGE national complet, s'étalent de la plus dense à la moins dense (en km/km²) : Corse 2,691, Sèvre et Lay 2,521, Isère-Durance 2,495, Var et Argens 2,474, Aude et Orb 2,314, Leyre et Landes de Gascogne 2,288, Bas-Rhône-Provence 2,159, Adour 1,935, Rhône 1,671, Garonne 1,497, Bassins bretons 1,483, Charente 1,396, Dordogne 1,325, Rhin supérieur 1,179, Loire aval 1,141, Loire amont 1,136, Moselle-Meuse 1,119, Saône 1,011, Basse-Seine 0,962, Escaut-Sambre 0,931, Oise et Marne 0,680, Haute-Seine et Yonne 0,650, Seine centrale 0,572. L'amplitude, d'un facteur proche de 5 entre la Corse et la Seine centrale, distingue nettement les écorégions méditerranéennes et de montagne, au réseau dense, des unités crayeuses du bassin de la Seine, au réseau clairsemé.

Répartition des assemblées par regroupement

Le tableau ci-dessous montre comment les 187 assemblées, construites plus haut, se répartissent une fois regroupées par écorégion.

Écorégion Assemblées Pop. min (hab.) Pop. max (hab.)
Adour 13 0 262 913
Aude et Orb 4 308 414 1 168 824
Bas-Rhône-Provence 3 0 2 487 752
Basse-Seine 22 18 796 692 330
Bassins bretons 11 1 318 891 217
Charente 11 9 929 170 313
Corse 3 72 016 146 390
Dordogne 10 56 227 204 145
Escaut-Sambre 7 178 692 1 805 551
Garonne 10 107 973 1 271 644
Haute-Seine et Yonne 4 77 260 403 708
Isère-Durance 8 461 426 096
Leyre et Landes de Gascogne 4 55 858 145 808
Loire amont 8 209 901 1 007 320
Loire aval 19 1 467 729 335
Moselle-Meuse 14 4 657 466 359
Oise et Marne 3 213 068 520 074
Rhin supérieur 4 182 425 963 119
Rhône 7 232 284 1 525 805
Saône 5 191 823 1 281 703
Seine centrale 5 961 521 6 568 361
Sèvre et Lay 10 19 862 250 449
Var et Argens 2 597 708 1 019 174

Le total reste de 187 assemblées, une par secteur hydrographique. L'emboîtement est strict : chaque assemblée est rattachée en entier à une et une seule écorégion, aucune n'est à cheval sur deux d'entre elles (le cas des secteurs limites Z5 et Y6 est traité plus haut, au moment de la construction des assemblées).

Le nombre d'assemblées par écorégion est aligné sur l'état canonique (187 secteurs au total) : la Seine centrale élargie compte 5 assemblées, la Basse-Seine 22, la Haute-Seine et Yonne 4, l'Oise et Marne 3. Au sein du bassin de la Seine, l'écart de population entre écorégions reste large : la plus peuplée est la Seine centrale, avec 13 689 902 habitants portés par l'agglomération parisienne, tandis que la moins peuplée est la Haute-Seine et Yonne, avec 821 361 habitants.

Profils des écorégions

Relief et climat

Les données de profil relief et climat (ecoregions_profil_relief_climat) ont été calculées depuis :

  • l'altitude et la pente : raster Copernicus GLO-90, résolution 90 m, millésime 2019-2022 ;
  • les précipitations moyennes : WorldClim 2.1, normes 1970-2000 ;
  • la HER-1 dominante et sa composition : Wasson et al. (2002) [EC02], couche her1 ;
  • le type Köppen dominant et les types secondaires : Beck et al. (2023) [EC01], couche climat_koppen, normes 1991-2020.

Quelques constats issus de la couche de profil :

  • 21 des 23 écorégions ont le type Cfb (tempéré océanique) comme climat dominant. Trois écorégions ont le type Csa (méditerranéen) : Aude et Orb, Bas-Rhône-Provence et Var et Argens. Corse (Csa) est la seule exception insulaire.
  • La classification de Köppen à un seul domaine dominant sous-estime la diversité interne des écorégions montagnardes. Isère-Durance, par exemple, est Cfb en valeur dominante mais sa composition climatique est très hétérogène : Cfb 23 %, Dfb 22 %, Dfc 20 %, Csa 13 %, ET 9 %, Csb 8 %, Cfa 6 %. Le champ koppen_composition dans la couche de profil documente cette hétérogénéité.
  • La plupart des écorégions peuvent être considérées comme climatiquement homogènes au sens de Köppen. En retenant un seuil de 90 %, 15 des 23 écorégions sont climatiquement homogènes (une seule classe de Köppen couvre au moins 90 % de leur surface), la part dominante moyenne s'établissant à 85,0 %. Les 8 écorégions restantes (principalement dans le sud et l'est) réunissent un amont montagnard et une plaine en raison de leur appartenance au même bassin versant.

Nappes souterraines et frontières

Le diagnostic des nappes (meso_diagnostic, 639 masses d'eau souterraines) documente la fraction de nappes coupées par les différents découpages. Plus une nappe est coupée par une limite, plus sa gestion exige une coordination entre unités voisines : couper davantage de nappes est donc un coût, non un gain.

Découpage Part des masses d'eau souterraines coupées
Agrégation en 6 grandes régions hydrographiques 18,9 %
Palier intermédiaire à 12 unités 28,8 %
Découpage fin à 23 écorégions 22,1 %

Ces valeurs sont celles de la base canonique (voir la note Statistiques comparatives des zonages). Le découpage fin à 23 écorégions coupe 22,1 % des masses d'eau souterraines : c'est plus que l'agrégation en 6 régions (18,9 %), mais moins que le palier à 12 unités (28,8 %). Autrement dit, à finesse comparable, prendre au sérieux la distinction entre eau de surface et eau souterraine recolle des aquifères que les tracés purement hydrographiques du palier intermédiaire fendaient davantage ; le prix de la finesse en nombre de nappes tranchées reste, lui, réel et assumé par rapport aux échelles les plus larges.

Le tableau ci-dessus reprend les trois découpages présentés dans la note de statistiques comparatives (6 régions, 12 unités, 23 écorégions). Il reste à distinguer deux objets voisins mais différents. L'agrégation en 6 grandes régions hydrographiques coupe 18,9 % des masses d'eau souterraines ; les 7 circonscriptions de bassin réellement en vigueur (les 6 agences plus la Corse) en coupent 19,4 %, soit 124 masses d'eau sur 639. Ces deux valeurs ne se confondent pas : la première résume une agrégation théorique en 6 régions, la seconde décrit les limites administratives de 1964. La ligne complète des découpages, du plus large au plus fin, s'établit alors ainsi : 6 régions 18,9 %, 7 circonscriptions 19,4 %, 12 unités 28,8 %, 23 écorégions 22,1 %.

En tout état de cause, une fraction substantielle des masses d'eau souterraines transcende les limites de tout découpage surfacique, y compris les circonscriptions actuelles. L'argument « les nappes sont coupées » s'applique à tout scénario et ne constitue pas une critique propre au découpage en 23 écorégions.

Arbitrages et choix

Grain du découpage : secteurs (187) plutôt que sous-secteurs (1 140)

Les 1 140 sous-secteurs constituent la brique la plus fine disponible dans BD Carthage. Retenir les secteurs (187, équivalent au niveau 3 de la hiérarchie) produit des unités plus larges, moins fragmentées, et plus facilement gouvernables. La couche assemblees_bv (1 140 unités) reste disponible comme grille de délibération infra-assemblée si nécessaire.

Ce choix ne repose pas sur un seuil de surface ni sur un plancher de population, mais sur un jugement pratique formé au fil du travail cartographique : 1 140 assemblées de bassin versant paraissent trop nombreuses pour un système délibératif viable. Le grain « secteur » offre le compromis jugé tenable entre finesse hydrographique et nombre d'organes. Comme indiqué en tête, ce compromis n'est pas figé : une carte à curseur peut faire varier l'échelle depuis les 187 secteurs hydrographiques jusqu'aux zones hydrographiques, le grain le plus fin de la BD Carthage. Ce réglage reste interne au niveau local de l'assemblée ; il ne remonte pas vers le bassin de rivière ni vers l'agence, dont les fonctions, coordonner et outiller, ne sont pas un cran de plus sur la même échelle de finesse (voir aussi Confier la loi sur l'eau à l'échelon local).

23 circonscriptions plutôt que 6 ou 12

Trois paliers de découpage, conservés dans le geopackage maître, se comparent par leur ratio de population entre l'unité la plus peuplée et la moins peuplée :

  • l'agrégation en 6 grandes régions hydrographiques (7 avec la Corse), ratio de 53,4 ;
  • le palier intermédiaire à 12 unités (13 avec la Corse), ratio de 53,4 ;
  • le découpage fin à 23 écorégions, ratio de 38,5 (de l'ordre de 1 à 37).

Le résultat mérite d'être souligné, car il va contre l'intuition : regrouper en moins d'unités augmente l'inégalité de population, puisque le ratio passe de 38,5 à 53,4 en agrégeant les 23 écorégions vers 12 unités ou 6 régions. La raison tient à un seul bloc. Tant que la Seine n'est pas subdivisée, l'agglomération parisienne se retrouve massée dans une unité gigantesque, et c'est elle qui fixe le haut du rapport ; c'est le même mécanisme qui donne aux sept circonscriptions actuelles (les six agences de l'eau plus la Corse) leur ×53. Les 23 écorégions sont donc plus équilibrées que les paliers à 12 ou 6, la Corse (355 486 hab) restant dans tous les cas l'unité la plus petite. La décision de retenir 23 écorégions répond à la combinaison de deux contraintes : réduire la disproportion démographique et conserver une correspondance fine avec les bassins versants physiques. La subdivision de Seine-Normandie en quatre unités (Basse-Seine, Haute-Seine et Yonne, Oise et Marne, Seine centrale) est la principale responsable du passage de 7 à 23.

Le nombre lui-même n'est pas le produit d'une optimisation formelle sous un critère unique, ni le fruit d'un seuil arrêté sur le ratio. Il résulte d'un cheminement cartographique progressif, et il reste à réinterroger. Deux contraintes ne suffisent pas à trancher : le choix mérite d'être instruit sur plusieurs critères à la fois, en comparant les paliers intermédiaires et les scénarios successifs plutôt qu'en désignant d'emblée une réponse. C'est précisément ce que cette page de traçabilité peut se permettre d'énoncer alors que l'essai, lui, doit dérouler la méthode et faire passer le lecteur par les étapes et les scénarios avant de retenir le découpage jugé le plus équilibré. La confrontation multi-critères des scénarios est développée dans la confrontation multi-critères des scénarios et les variantes explorées dans les alternatives explorées.

Départements entiers contre découpage par bassin

L'objection d'acceptabilité porte souvent sur la familiarité des départements. Une variante extrême consiste à couper le long des départements : le ratio de population de ce scénario atteint 34,2, du Nord (2 615 635 habitants) à la Lozère (76 486 habitants), soit un rapport de l'ordre de 1 à 34. Comparé aux 23 écorégions (×38,5), le découpage départemental est un peu plus équilibré en population, mais au prix d'un morcellement total de l'échelle de l'eau : les limites suivent l'administration de 1790, jamais les bassins versants. C'est ce que confirment aussi les scénarios scenario_dept_8/10/12/15, qui testent des regroupements de départements entiers (8, 10, 12 ou 15 groupes). L'agglomération parisienne y pèse d'un poids décisif : regrouper les départements d'un seul tenant laisse une unité Seine de près de 11 à 19 millions d'habitants selon le périmètre, rendant difficile toute réduction de la disproportion sans découper les départements selon la logique du bassin versant.

Par ailleurs, 80 des 96 départements métropolitains se trouvent à cheval sur plus d'une écorégion, pour 217 paires département × écorégion (couche departements_affectation). Les écorégions qui traversent le plus de départements sont la Loire aval (21 départements), la Seine centrale (18), la Loire amont (18), la Garonne (18) et le Rhône (16). L'échelle de l'eau ne suit pas les départements : elle en recompose les contours selon les bassins versants.

Nommage par hydronyme

Toutes les unités sont nommées par le cours d'eau qui les structure ou les identifie le mieux (Adour, Garonne, Loire amont, Rhône, etc.) plutôt que par un nom géographique ou régional. Ce choix ancre l'identité des unités dans la réalité physique de l'eau plutôt que dans un héritage culturel ou administratif susceptible d'être contesté.

Confrontation aux approches alternatives

Les 7 circonscriptions de bassin actuelles (six agences plus la Corse)

Elles existent, elles ont une légitimité institutionnelle de soixante ans et des outils opérationnels (redevances, programmes d'intervention, SDAGE). La disproportion démographique (1 à 53,4 dans les données 2026) rend la comparabilité entre bassins difficile, et les découpages n'ont jamais été révisés depuis 1964 [DM23].

Les hydro-écorégions INRAE (HER-1 et HER-2)

Les 22 HER-1 et 114 HER-2 (Wasson et al., 2002) décrivent le fonctionnement écologique des cours d'eau, non le dessin des bassins versants. Elles ne sont pas conçues pour fonder une institution, ni pour équilibrer les populations. Leur contenu informatif est utilisé dans le chantier comme critère de vérification de la cohérence écologique du découpage obtenu (champ her1_dominante et her1_composition dans le profil). Mais l'assimilation écorégion = HER serait inexacte : une HER traverse plusieurs bassins, et le pilotage de la ressource exige la logique du bassin versant, non la logique du type de milieu.

Les biorégions

La biorégion (Berg et Dasmann, 1977 [TE01] ; Schaffner et Rollot, 2024 [TE05]) est un horizon politique et une invitation à habiter le territoire selon ses limites écologiques. Elle n'est pas un découpage technique reproductible par des données. Le chantier ne prétend pas produire des biorégions au sens plein du terme : il produit des unités de gestion de l'eau calées sur les bassins versants, qui peuvent servir de support à une délibération plus large.

Le découpage purement climatique (Köppen, Joly et al.)

Le climat (8 types selon Joly et al. 2010 [CL08], 51 classes pluviométriques selon Champeaux et Tamburini 1996 [CL05]) évolue et se déplacera sous l'effet du réchauffement (Strohmenger et al., 2024 [CL10] : dans un scénario de fort réchauffement, le climat tempéré océanique pourrait passer de 80 % du territoire à moins de 14 % d'ici la fin du siècle). Caler les frontières de l'eau sur celles du climat exposerait le découpage à une obsolescence programmée. Les bassins versants, eux, sont géologiquement stables.

Le découpage purement administratif (régions, départements)

Voir la section sur les scénarios à base de départements ci-dessus. Les régions administratives actuelles, issues des fusions de 2015, regroupent des bassins versants sans cohérence hydrologique (l'Occitanie couvre des bassins méditerranéens et atlantiques, la Normandie le bassin de la Seine côtière et des bassins côtiers normands). Le département (1790) a été tracé pour une unité d'administration à un jour de cheval, sans lien avec l'eau.

Limites et incertitudes

Population 2026, sans projection : la population utilisée (ADMIN EXPRESS COG CARTO 2026) est une photographie à une date donnée. Les rapports démographiques entre unités évolueront, en particulier dans les métropoles à forte croissance.

Précipitations WorldClim 1970-2000 : les normales de précipitations moyennes utilisées dans le profil sont antérieures aux séquences de sécheresse récentes et ne reflètent pas les tendances en cours.

Absence de critère altimétrique dans la règle de regroupement : la fonction grp() affecte chaque secteur à une écorégion par son code seul, sans vérifier si le secteur est montagnard, de plaine ou côtier. La cohérence altimétrique est vérifiée a posteriori via le profil relief-climat, pas inscrite dans la règle de construction.

Nappes souterraines : une part substantielle des 639 masses d'eau souterraines déborde sur plusieurs bassins, sous tout découpage. Le découpage fin à 23 écorégions en coupe 22,1 %, contre 18,9 % pour l'agrégation en six régions hydrographiques et 28,8 % pour le palier à douze unités (source : note Statistiques comparatives des zonages).

Assemblée qui couvre l'agglomération parisienne : l'assemblée la plus peuplée, plusieurs millions d'habitants, constitue un cas limite à traiter, par subdivision infra-assemblée ou par un dispositif de représentation différencié.

Deux entités à population nulle dans la couche assemblees : « Assemblée d'Iratiko Erreka » (74 km², Adour) et « Assemblée de bassin » (29 km², Bas-Rhône-Provence). Leur statut et leur vocation sont à clarifier.

Reproductibilité partielle : la règle de construction de la couche canonique assemblees est maintenant établie (dissolution des sous-secteurs par écorégion × secteur CdSecteurH), mais aucun script dédié n'est identifié dans le répertoire scripts/ à ce jour. Un script de reconstruction permettrait de régénérer la couche si le geopackage maître venait à être altéré.

Reproductibilité

Données nécessaires

  • BD Carthage (Sandre, 2017) : couches regions_hydro, secteurs_hydro, sous_secteurs.
  • ADMIN EXPRESS COG CARTO 2026 (IGN) : couche commune avec champ population.
  • HER-1 et HER-2 (INRAE-Sandre, 2002).
  • Köppen-Geiger Beck 2023 (ESA-Copernicus).
  • Copernicus GLO-90 (raster MNT).
  • WorldClim 2.1 (raster précipitations).
  • Masses d'eau souterraines DCE (Sandre-BRGM, 2022).

Reconstruction des 23 écorégions

La couche ecoregions_fin est entièrement reproductible depuis scripts/scenario_fin.py en combinant la règle grp() avec les retouches de scripts/retouche_decoupage.py. La séquence est :

# Depuis le répertoire 02_travail/scripts/
python3 scenario_fin.py        # construit ecoregions_fin depuis secteurs_hydro
python3 retouche_decoupage.py  # applique la réaffectation de V7 et les renommages

Reconstruction des couches d'assemblées

La couche assemblees_bv (1 140 sous-secteurs avec population) est reproductible depuis scripts/assemblees_stable.py.

La couche canonique assemblees (187 entités nommées) est construite par dissolution des 1 140 sous-secteurs BD Carthage par leur secteur hydrographique parent (CdSecteurH), chaque secteur étant affecté en entier à une écorégion (emboîtement strict), ce qui produit exactement 187 entités. Aucun script de reconstruction dédié n'est identifié dans le répertoire scripts/ à ce jour ; la logique est suffisamment documentée pour en écrire un.

Reconstruction des profils

Les profils des écorégions sont reproductibles depuis :

  • scripts/relief_climat.py pour ecoregions_profil_relief_climat ;
  • scripts/socio_eco.py pour ecoregions_profil_socio_eco ;
  • scripts/economie.py pour ecoregions_profil_economique.

%% Sources et jeux de données cotés inline (tableau « Sources et données » et corps) : Wasson 2002 [EC02], Beck 2023 [EC01], Joly 2010 [CL08], Champeaux et Tamburini 1996 [CL05], Strohmenger 2024 [CL10], loi de 1964 [DM23], ADMIN EXPRESS [GE30], BD Carthage [GE17], BD TOPAGE [GE07], masses d'eau souterraines DCE [GE18], Copernicus GLO [CL06], WorldClim [EC03]. Référence Explore2 complémentaire (projections de débits et de nappes), disponible dans la biblio transverse : Sauquet et al. 2026, HESS 30, 2277 [CL19]. %%

Points tranchés et points encore instruits

Plusieurs points d'interrogation soulevés au fil de la construction sont maintenant tranchés dans le corps du document. Le choix du secteur (187) plutôt que du sous-secteur (1 140) comme brique des assemblées tient à un jugement pratique sur le nombre d'organes délibératifs viables, non à un seuil chiffré. Le regroupement secteur par secteur dans grp() relève, pour l'essentiel, du geste cartographique, à ceci près que la suppression des appendices répond à la contiguïté et que l'individualisation de l'arc méditerranéen (Bas-Rhône) répond à une spécificité climatique assumée. Le nombre de 23 unités n'est pas le produit d'une optimisation formelle mais d'un cheminement progressif, à réinterroger sur plusieurs critères. La méthode de construction des 187 assemblées est établie et confirmée (section « Dérivation confirmée » ci-dessous).

Un point de fond reste en instruction, non parce que les artefacts ne le permettent pas, mais parce qu'il relève d'un choix de conception : le traitement de l'assemblée qui couvre l'agglomération parisienne. La piste d'un calage sur les départements d'Île-de-France est décrite plus haut et demande une étude dédiée avant d'être arrêtée.

Dérivation confirmée des 187 assemblées

Ce qui suit est établi sur les données du geopackage maître et confirmé par Guillaume.

La règle de construction des assemblées est la dissolution des 1 140 sous-secteurs BD Carthage par leur secteur hydrographique parent (CdSecteurH) : les bassins versants qui partagent le même secteur hydrographique sont fusionnés en une assemblée unique. Le rattachement de chaque secteur à une écorégion vient au niveau supérieur, quand ce second regroupement est posé.

Vérification chiffrée : distinct(CdSecteurH) = 187 secteurs, soit 187 assemblées locales de l'eau. Deux secteurs limites, Z5 (« Îles Marines », îles dispersées entre Bassins bretons et Sèvre-et-Lay) et Y6 (« Côtiers du Var », 7 sous-secteurs en Var-et-Argens, 2 débordant sur Isère-Durance), voient leurs sous-secteurs se répartir sur deux régions voisines ; au niveau du regroupement, l'emboîtement strict les rattache en entier à leur écorégion majoritaire, sans scinder l'assemblée. Aucune assemblée n'est donc à cheval sur deux écorégions.

Point de fond à documenter : les écorégions ne coïncident pas avec les régions hydrographiques Sandre. Il y a 23 écorégions pour 24 régions hydrographiques Sandre, et les tracés diffèrent. Le croisement des deux zonages fait apparaître 91 paires qui se recouvrent, et 22 des 24 régions hydrographiques Sandre sont à cheval sur plus d'une écorégion. Ce décompte demande à être lu correctement : les écorégions épousent l'hydrographie fine, celle des 187 secteurs qui portent l'échelle délibérante des assemblées locales de l'eau, et non les 24 grandes régions Sandre qu'elles recomposent à une autre échelle. Ce n'est pas une incohérence de l'écorégion, mais un re-tracé assumé, calé sur le grain physique du bassin versant plutôt que sur les grandes régions administratives de l'eau.