Aller au contenu principal
Décider de l'eau

Le cas de l'Île-de-France

2 minutes de lecture

Pour la règle chiffrée et son calcul, voir Le cas de l'Île-de-France - objectivation et calcul.

Une méthode qui part de l'eau et se veut agnostique bute toujours sur le même point : Paris et sa région. Sur presque tous les découpages construits sans a priori, l'agglomération francilienne ressort comme un cas singulier. Cette singularité, que les données imposent, ne tient pas d'une faveur faite à la capitale, et il vaut mieux l'objectiver que l'escamoter.

Trois singularités qui coïncident

L'Île-de-France est le seul territoire où 3 traits se cumulent.

D'abord la masse. Son aire d'attractivité est de très loin la première du pays ; elle s'étend sur plusieurs sous-bassins et, sur le découpage fin, elle est traversée par 6 écorégions différentes, là où les autres grandes aires urbaines en croisent au plus trois ou quatre. Une unité ramenée au seul cœur dense serait minuscule et surpeuplée ; une unité calée sur le sous-bassin couperait l'agglomération en son milieu.

Ensuite la position. Paris ne se tient ni à un exutoire ni à une confluence, mais au milieu du bassin de la Seine. Là où Marseille s'adosse au delta et à la façade méditerranéenne, Lyon à la confluence du Rhône et de la Saône, Bordeaux à l'estuaire de la Gironde, chacune coïncidant avec une limite hydrographique nette, l'agglomération parisienne n'a pas de contour d'eau qui l'épouse.

Enfin l'alimentation en eau potable. Paris capte son eau très loin, par des aqueducs qui remontent vers la Vanne, le Loing et l'Avre, bien au-delà de son propre bassin. Ce système d'adduction franchit des lignes de partage que les autres métropoles, alimentées plus localement, ne franchissent pas à cette échelle.

Le même test pour toutes les villes

La singularité francilienne n'est retenue que parce qu'elle réunit ces 3 traits à la fois. Le même test, appliqué à Marseille, Lyon, Bordeaux, Lille ou Toulouse, ne les fait pas ressortir : chacune s'inscrit dans une unité de bassin cohérente, sans dépendance d'eau potable à longue distance comparable. Aucune ne déclenche l'exception, et c'est ce qui la rend défendable : une règle unique, la même pour tous, qui ne désigne l'Île-de-France que parce que les faits l'y obligent.

Le traitement retenu pour l'Île-de-France

Plutôt que de couper l'agglomération ou de la réduire à un noyau ingérable, l'Île-de-France est traitée à l'assise de ses départements et fait l'objet d'une étude dédiée, avec sa propre carte. Un arbitrage assumé, mais objectivé : il tient à la donnée, pas au rang de la capitale.