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Décider de l'eau

Comparer les pistes

2 minutes de lecture

Quand chaque manière de partir a produit son découpage, vient le moment de les comparer. La comparaison se fait en deux temps.

Les 23 écorégions face aux aires d'attraction des villes : deux logiques de découpage, comparées.

D'abord, les cartes sont mises côte à côte.

Ensuite, les découpages les plus crédibles sont confrontés à une série de comparants, tenus ensemble et non pris un à un :

  • la population : le rapport entre l'unité la plus peuplée et la moins peuplée, que le découpage doit resserrer ;
  • les aires d'attractivité des villes (INSEE) : une échelle de l'eau qui coupe une aire urbaine en son milieu complique la solidarité amont-aval ;
  • le climat d'aujourd'hui (Köppen, Beck et al., 2023) et de demain (projet Explore2, Strohmenger et al., 2024) : un découpage calé sur le climat actuel vieillit, puisque les types climatiques se déplacent ; le climat est donc un comparant, pas un principe de tracé ;
  • les nappes souterraines coupées : à titre indicatif, le grain brut des 187 secteurs hydrographiques coupe 168 des 639 masses d'eau souterraines (26,3 %), contre 124 (19,4 %) pour les sept circonscriptions actuelles (six agences plus la Corse) ; une fois ces secteurs regroupés, le découpage retenu en 23 écorégions redescend à 22,1 %, entre les deux ; le grain fin épouse mieux les bassins de surface mais fragmente davantage les nappes, ce qui appelle de la coordination entre unités voisines ;
  • la cohérence écologique, au regard des hydro-écorégions ;
  • le nombre de départements traversés, indice de complexité administrative ;
  • la continuité géographique des unités.

Aucun critère ne tranche seul. Lu ensemble, ce faisceau désigne la piste qui part de l'eau comme le meilleur compromis, sans qu'elle soit parfaite sur chacun des critères. Ce que ces échelles permettent ensuite, en matière de compétences et de décision, relève de l'espace Décider ; ce qu'elles recouvrent, des cycles et des milieux, de l'espace Comprendre.

Un mot, enfin, sur ce que la comparaison peut et sur ce qu'elle ne peut pas. Comparer ne sert pas à obéir à un chiffre, mais à choisir en connaissance de cause. La mesure écarte les faux arguments, à commencer par l'idée qu'un découpage serait « le plus cohérent » quand il n'est en réalité que le plus petit. Mais elle ne désigne pas à elle seule la bonne échelle : une fois la taille neutralisée, il se peut qu'aucun découpage n'écrase les autres, ou qu'un scénario se détache. Je le mesure sans le préjuger. Dans un cas comme dans l'autre, la décision finale reste un choix de cap, que j'assume, au plus proche des bassins. La façon dont je compare, et ce que cela prouve ou non, est détaillée dans les méthodes de comparaison et dans À quoi servent ces comparaisons.