Les données du dossier
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Une carte ne vaut que par les données qui la portent, et par la clarté avec laquelle leur origine est dite. Cette note recense les jeux de données qui construisent les cartes du dossier, ce que chacun apporte, et où passe la frontière entre ce qui est mesuré et ce qui est modélisé. Le principe est simple : tout ce qui est affirmé sur la carte d'aujourd'hui repose sur une donnée publique, datée et vérifiable ; la carte de 2100 mobilise en plus des données climatiques et un raisonnement d'analogie, dont la méthode est décrite dans « Comment je fabrique la carte de 2100 », et dont l'incertitude est signalée là où elle joue.
L'occupation du sol observée
La carte de l'Alsace telle qu'elle est repose sur l'occupation du sol à grande échelle produite par l'Institut national de l'information géographique et forestière, dans son millésime le plus récent, celui de 2024. Pour les deux départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin réunis, cette donnée décrit le territoire en 557 056 polygones : autant de morceaux du paysage, chacun porteur d'une nature de couverture, forêt, culture, bâti, eau, et d'un usage. C'est un niveau de détail bien plus fin qu'une carte régionale ordinaire, qui permet de distinguer un boisement d'une prairie, un vignoble d'un champ, une gravière d'une rivière.
Cette donnée a une propriété qui compte pour le dossier : elle sépare la couverture du sol, ce qui est physiquement là, de son usage, ce à quoi le sol sert. C'est cette distinction qui permet de lire correctement le paysage alsacien. Le vignoble du piémont, par exemple, est reconnu comme une couverture ligneuse et non comme une culture herbacée, ce qui le distingue nettement des cultures de la plaine et donne à la Route des Vins sa bande continue au pied des Vosges.
Isoler le maïs
Le maïs est le personnage central du dossier, mais aucune donnée ne le donne directement sur une carte d'occupation du sol : celle-ci ne connaît que la grande catégorie des surfaces herbacées, où cultures et prairies se confondent. Pour isoler le maïs, il faut une seconde source, le registre parcellaire graphique, qui recense chaque année les parcelles agricoles déclarées et la culture qui y est pratiquée. J'utilise le millésime 2020 de ce registre, et j'en retiens le groupe des maïs, grain et ensilage confondus.
Le croisement des deux sources suit une règle géométrique simple, dite du point sur la surface : une parcelle de maïs du registre agricole marque comme maïs la portion d'occupation du sol qui la contient. C'est ce croisement, et lui seul, qui fait apparaître le maïs comme un poste distinct sur la carte, séparé des autres cultures et des prairies. Sans cette opération, le maïs se fondrait dans la masse indistincte des surfaces agricoles.
Le maïs, 141 160 hectares Une fois le croisement réconcilié, le maïs couvre 141 160 hectares des 832 000 hectares de l'Alsace : c'est le premier poste agricole du territoire, devant les 193 904 hectares des autres cultures réunies, et il pèse déjà davantage que la forêt de conifères (89 688 hectares) ou l'urbain (62 075 hectares). Ces surfaces sont mesurées sur l'occupation du sol de 2024, le maïs isolé au registre agricole de 2020.
Repérer les villes et les rivières
Une carte thématique a besoin de repères pour être lisible : sans le tracé des cours d'eau et l'emplacement des principales villes, l'œil ne sait pas où il est. Ces repères viennent de la base de données topographique de l'Institut géographique, qui fournit l'hydrographie et les limites urbaines. Sur les cartes du dossier, ces éléments restent volontairement discrets, en gris désaturé, pour situer sans jamais concurrencer la donnée thématique. Le Ried, ce milieu humide de la plaine que la nomenclature standard ne sait pas nommer, s'appuie de son côté sur une couche dédiée qui en délimite l'emprise, et couvre 420 km².
Les données du climat futur
La carte de 2100 ne se contente pas de l'occupation observée : elle demande de savoir quel climat attend l'Alsace, et à quel climat actuel ce futur ressemble ailleurs en Europe. Trois familles de données s'ajoutent alors aux précédentes. Les observations climatiques de l'Europe, jour après jour, servent à calculer la signature climatique de chaque région, présente et future. Les projections régionalisées disent de combien la température monte et la pluie d'été baisse en Alsace. Et une occupation du sol à l'échelle européenne dit ce que ce climat futur « rend possible », en montrant ce que font aujourd'hui les régions qui vivent déjà sous un climat semblable. Le détail du raisonnement est dans « Comment je fabrique la carte de 2100 ».
Les jeux de données, un par un
Le tableau qui suit donne, pour chaque source, son producteur, son millésime, sa licence, l'emprise couverte, le système de coordonnées, la résolution ou l'échelle, et l'accès. La projection de travail est le Lambert-93 (EPSG:2154), la projection légale de la France hexagonale ; les données européennes arrivent dans leur projection d'origine et sont reprojetées.
| Jeu | Producteur | Millésime | Licence | Emprise | Coordonnées | Résolution ou échelle | Accès |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Occupation du sol à grande échelle (couverture et usage) | IGN | 2024 | Etalab et ODbL | Alsace, Bas-Rhin et Haut-Rhin | EPSG:2154 | vecteur, plus petite unité de 500 à 2 500 m² | Géoplateforme, consulté le 29/08/2026 |
| Registre parcellaire graphique (parcelles et cultures) | IGN et Agence de services et de paiement | 2020 | Etalab | Alsace | EPSG:2154 | vecteur parcellaire | jeu local, ingéré |
| Base de données topographique (villes, cours d'eau) | IGN | 2024 | Etalab | Alsace | EPSG:2154 | vecteur | jeu local, ingéré |
| E-OBS, températures et précipitations journalières | ECA&D et Copernicus | version 33.0e, 1950 à 2025 | usage recherche | Europe | EPSG:4326 | 0,1°, soit environ 11 km | KNMI, consulté le 29/08/2026 |
| Corine Land Cover, occupation européenne | Copernicus (service de surveillance des terres) | 2018 (version V2020_20u1) | libre | Europe | EPSG:3035 | vecteur, plus petite unité de 25 ha | Zenodo, consulté le 29/08/2026 |
| Köppen présent | Beck et collaborateurs | normal 1991 à 2020 | Creative Commons | monde | grille | 1 km | déjà en base |
| Köppen futur | Strohmenger et collaborateurs | 2024, scénarios RCP 2.6, 4.5 et 8.5 | à préciser | France | EPSG:2154 | échelle | déjà en base |
| Explore2, étiage (débit mensuel minimal) | INRAE et Office international de l'eau | 2024 (chaîne SIM2) | ouvert | France | EPSG:2154 | station et échelle | déjà en base |
| Modèle numérique de terrain (relief, pente) | Copernicus DEM | non précisé | libre | Alsace | EPSG:2154 | 90 m | jeu local |
| Deltas climatiques (réchauffement et baisse des pluies) | Météo-France Grand Est et DRIAS-2020 | référence 1976 à 2005 | publication | Grand Est | régional | régional | web, consulté le 29/08/2026 |
Deux réserves sur ce tableau. Le millésime du modèle numérique de terrain n'est pas renseigné dans le catalogue de la donnée, et la licence de la couche Köppen futur reste à confirmer : ces deux points sont signalés plutôt que comblés. Pour le reste, chaque source est publique, datée et vérifiable, et rien dans le dossier ne repose sur une donnée fermée ou invérifiable.
Pour creuser La méthode de la carte de 2100 est décrite dans « Comment je fabrique la carte de 2100 », le choix des couleurs dans « Les couleurs de la carte ».